A l’écoute sur Canal B -radio curieuse-, un reportage dans mon atelier d’une dizaine de minutes sur mon travail d’iconographe pour l’émission L’Arène de Lucie LOUAPRE, le 19 mai:

//// démarche artistique

Vit et travaille à Rennes.

En 2015, j’ai eu l’opportunité d’être initiée à l’art de l‘iconographie, en Ukraine par la maître Olena Smaha, peintre, iconographe et restauratrice au Musée National Andrey Sheptytsky, musée d’art sacré de Lviv.

§ La technique ancestrale de l’iconographie traverse l’ensemble de mon travail de peinture. Elle est devenue la porte d’entrée de mon expression. Je peins donc sur bois, levkas [colle de peau de lapin&blanc de Meudon], peinture à l’émulsion [œuf&bière blanche] et pigments. Je fabrique mes supports. L’or est travaillé à la feuille 23K75 et 24K (or pur).

§ Dans ma peinture, deux choses: d’une part le témoignage de mon intimité, un cri ou une prière jetés dans le vide du Ciel; d’autre part Le Christ, Dieu, le bien-aimé, celui que j’aime et vers qui je regarde.

Je cherche comment exprimer ma vie intérieure ou ma prière au moyen d’une posture du corps.
Posture que j’étudie par le dessin, dans un travail collaboratif avec un modèle vivant. L’exercice de ce travail avec modèle vivant est une chose à laquelle je suis très attachée.

§ Les sujets qui font mon travail : le vide, le manque, la nuit, le cri, la mort, la vie, le désir, le sexe comme origine et signe de l’incomplétude, Dieu, la femme, l’homme…

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/// au sujet de l’iconographie

-Rendre présent le monde de Dieu-

Egon SENDLER, L’icône image de l’Invisible :

 

C’est un art sacré millénaire qui comprend plusieurs écoles ayant leurs écritures et techniques propres. « L’icône s’exprime dans le langage de la culture byzantino-slave et de la spiritualité du christianisme oriental. […]

En considérant l’icône, il importe de garder présent à l’esprit une triple dimension : la connaissance scientifique, la valeur artistique, la vision théologique. […] L’icône unifie les éléments théologiques, esthétiques et techniques pour s’ouvrir à la vision dans la foi et la méditation.

[…]

Elle est image de l’Invisible, et même présence de l’Invisible. »

En effet, « chaque icône (est) le reflet des natures divines et humaines unies sans mélange dans la personne du Christ. »

 

« Puisque l’Invisible est devenu visible en prenant chair, tu peux exécuter l’image de celui que l’on a vu.
Puisque celui qui n’a ni corps, ni forme, ni quantité, ni qualité, qui dépasse toute grandeur par l’excellence de sa nature, lui qui, de nature divine, a pris la condition d’esclave, s’est réduit à la quantité et à la qualité et s’est revêtu des traits humains, grave sur le bois et présente à la contemplation celui qui a voulu devenir visible. »

Saint Jean Damascène